Dans la perspective de mon emploi, soit dans
le cadre du rôle de conseillère pédagogique en formation à distance en
enseignement supérieur, je pense qu'Ertmer and
Newby (1993) résument bien la situation : les
théories de l’apprentissage sont source de stratégies, de tactiques et de
techniques pédagogiques vérifiées; elles fournissent des fondations pour
sélectionner les stratégies à mettre en place; elles permettent l’intégration
des stratégies sélectionnées dans un contexte pédagogique qui revêt toute son
importance.
Ainsi, dans le cadre de la planification, de
la conception, du développement et de l’implantation d’un cours à distance, la
structure d’un cours doit être réfléchie. Tout doit être prévu et chacune des
stratégies est mise en place pour des raisons bien précises. Ces stratégies
sont choisies pour présenter des concepts, offrir des activités qui permettent
l’intégration des concepts, fournir de l’aide, fournir de la rétroaction ou
encore diriger les étudiants vers des ressources complémentaires ou leur
permettant d’aller plus loin.
Par conséquent, je crois que selon les
différents temps dans l’enseignement et l’apprentissage en ligne, chacune des
théories d’apprentissage est sollicitées afin d’optimiser l’expérience de
l’étudiant.
Le cognitivisme
Le cognitivisme peut se traduit par
l’acquisition des connaissances tout au long de la démarche d’apprentissage en
ligne. Dans le design pédagogique, avec les enseignants, c’est là où je les
aide à définir les connaissances préalables des étudiants, à établir les
objectifs qu’ils doivent atteindre à la fin d’une leçon ou encore à inventorier
les connaissances auxquelles ils feront appel. Ensuite, nous discutons des stratégies
qui doivent être mises en place pour faire le lien entre les connaissances
antérieures et les nouvelles. Ici, dans le design pédagogique selon le cognitivisme,
le focus, sera mis sur comment l’étudiant reçoit, organise, enregistre et
réutilise l’information qu’il acquiert (Ertmer and
Newby 1993). Bien que l’étudiant soit actif à cette
étape, l’enseignant sera davantage en position de transmission de connaissances.
Il verra donc à sélectionner des activités et des médias qui permettent de
présenter les concepts à l’aide d’explications, de démonstrations et d’exemples
simples par le biais de vidéo et de lecture. Il amènera ensuite l’étudiant à
réaliser des exercices qui leur permettent de réorganiser leurs connaissances,
soit entre autres, par des schémas, des cartes conceptuelles ou encore par la
résolution de tâches simples.
Le
constructivisme
Quant à la théorie du constructivisme, je m’appuie
sur elle lorsque j’amène les enseignants à déterminer des activités qui feront
appel à d’autres niveaux taxonomiques comme l’application, l’évaluation et l’analyse.
Dans ce cadre-là, il y a alors un changement de posture. Dans son design
pédagogique, j’amène l’enseignant à penser davantage en termes d’apprentissage
plutôt qu’en termes d’enseignement (Tardif 1998) et à formuler les objectifs en ce sens. C’est
l’étudiant qui fait l’action, il est seul à la maison et il doit construire sa
connaissance. À ce moment, l’enseignant détermine le type d’activités qu’il
souhaite proposer à l’étudiant : une tâche à réaliser, un problème à
résoudre, une activité collaborative…
Le connectivisme
Pour moi, la théorie du connectivisme vient
appuyer et enrichir la démarche que peut proposer l’enseignant à l’étudiant.
Comme le dit si bien Siemens
(2014), l’étudiant a la connaissance au bout des
doigts, il peut y accéder d’un simple clic. Lors de l’accompagnement de l’enseignant
dans le design pédagogique d’un cours à distance, je lui amène alors à voir les
différentes possibilités : créer une nouvelle ressource médiatique ou
utiliser celles déjà existantes sur le web ?, tout réécrire les contenus ou
rediriger l’étudiant vers une ressource pertinente sur le web ?, obtenir une
réponse exacte ou laisser l’étudiant évaluer la crédibilité d’une source, l’analyser
et se l’approprier ?
Le
behaviorisme
Enfin, la théorie du behaviorisme va venir
appuyer l’enseignant dans la conception de son matériel lorsqu’il doit donner
de la rétroaction à l’étudiant. À ce moment-là, je guide l’enseignant pour qu’il
anticipe les pièges qui sont normalement vécus en classe. Comment les prévoir
et assurer un soutien à l’étudiant dans son parcours à distance ? Comment l’encourager ?
Répondre à ses questions ? Lui
fournir suffisamment de rétroaction pour qu’il puisse analyser les réponses qu’il
fournit à des questions et lui permettre de savoir qu’il a atteint l’objectif
ciblé au départ ? J’amène alors les enseignants à utiliser un langage parlé
pour créer un lien avec l’étudiant dans son matériel, lien qui revêt toute son
important en formation à distance.
Voilà ce qui résume mon utilisation des
théories de l’apprentissage dans le design et la conception d’un cours à
distance. Je ne crois pas que nous pouvons nous appuyer sur une seule. Toutes
sont en interrelations selon les différents temps de l’apprentissage et a tout son importance en formation à distance.
Références
Ertmer, P. A. and T. J. Newby
(1993). "Behaviorism, cognitivism, constructivism: Comparing critical
features from an instructional design perspective." Performance
improvement quarterly 6(4):
50-72.
Siemens, G. (2014).
"Connectivism: A learning theory for the digital age."
Tardif, J.
(1998). "La construction des connaissances. Les pratiques
pédagogiques." Pédagogie collégiale 11(3): 4-9.
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